Le karaté, de par sa nature même, exige un entrainement soutenu et fréquent. Beaucoup estiment que trois entrainements par semaine sont indispensables à une bonne progression dans la connaissance de cet art martial.

Pour autant, il peut être pratiqué comme une activité purement gymnique. Ainsi chaque partie du corps peut être sollicitée et la pratique adaptée à chaque morphologie. De plus en plus de séniors mais aussi de femmes, de personnes handicapées et d'enfants pratiquent cette activité comme un simple exercice gymnique.
Même si le karaté se pratique comme un sport par bon nombre d'adeptes sur la planète, beaucoup de pratiquants ont souvent à cœur le code déontologique du "Bushido" (la voie des techniques du guerrier) et n'hésitent pas à le mettre en avant dans leur pratique du karaté. A ce titre, le karaté devient plus un art de vivre qu'un simple sport et tend vers la maîtrise du corps mais aussi de l'esprit.

L'entrainement de karaté comporte généralement trois domaines d'étude : les combats ou kumite, les katas, qui sont la partie technique du karaté, et les kihon et bunkai.

Le combat ou kumite.

Le combat ou kumite doit être pratiqué par tous les karatékas, sinon le karaté se réduit à un exercice vide de sens. Pour accéder au grade de ceinture noire, il faut de toute façon passer par le combat. On peut parfaitement maitriser la technique sans pour autant être à l'aise dans les combats. Cela demande une progression bien établie. C'est le rôle des combats conventionnels. Ils aiguisent les réflexes, le sens du timing, l'appréciation des distances.
Le Sanbon-kumite est la première introduction au combat, elle permet à la ceinture blanche ou jaune d'apprivoiser le contrôle, la notion de distance, la synchronisation des membres inférieurs et supérieurs, le centre d'équilibre, la respiration.
Ippon kumite est également une forme de base pour les combats. Il est sensiblement identique au Sanbon kumite mis à part que l'attaquant effectue une seule technique en avançant sur un pas et donc la contre-attaque est réalisée par le défenseur après le blocage.
Iyu-ippon kumite peut être considéré comme l' introduction au combat libre mais il s'agit surtout d'un affrontement où l'attaquant n'a qu'une seule chance d'atteindre son adversaire avec l'attaque annoncée. L'attaquant nomme la technique et le niveau jodan (haut-tête) ou chudan (moyen). Le défenseur doit bloquer en esquivant l'attaque puis contre-attaquer avant la fin du mouvement.
Jiu kumite ou combat libre. Ici, les adversaires s'affrontent, et chacun peut attaquer n'importe quand et avec une technique de son choix.

Les katas.

L'étude des katas est primordiale pour le pratiquant karatéka. Le kata représente un combat réel contre un adversaire, qui éventuellement peut être imaginaire. Étant codifié de manière rigoureuse, il s'effectue sans surprise et permet notamment de travailler en toute sécurité des techniques qui seraient dangereuses en entraînement de combat, ou alors de travailler dans des conditions plus proches de la réalité du combat. Selon la tradition japonaise, l'apprentissage des arts martiaux s'effectue en trois étapes majeures : Shu, Ha et Li.

Shu : L'étape où l'élève apprend à exécuter correctement les techniques en imitant le professeur. C'est la découverte des éléments qui interviennent dans l'exécution d'une technique classique. C'est la correction continuelle de soi pour faire correspondre le plus possible notre technique à celle du professeur. On prend conscience de la respiration, du hikite, de la rotation, de la position et de tous ces éléments qui, juxtaposés, développeront une technique efficace de karaté. Cette étape part de la ceinture blanche et se rend facilement au premier dan (ceinture noire) et même au-delà. Car, en karaté, la ceinture noire n'est que le début de la connaissance de l'art.

Li : Selon les japonais, c'est l'art proprement dit. C'est la maîtrise du karaté, la renaissance, l'éveil de l'individu au-delà de la technique. Le maître a tout assimilé et s'est "trouvé", comme l'artiste. Le karaté s'est personnalisé, le maître a retaillé le karaté à sa dimension propre, en harmonie avec son être profond, son unicité. Des états mentaux de qualité supérieure (quiétude, sérénité) imprègnent souvent l'esprit et l'agir des individus qui atteignent ce niveau. Le long cheminement dans l'effort a mené à une qualité d'être et de conscience qui, à son tour, transparaît dans l'art du maître. C'est l'atteinte de l'équilibre entre l'esprit et le corps, aussi peut-on parfois lire qu'il est question d'illumination, de satori chez certains individus dans la tradition orientale.

Les bunkais.

Même en considérant que la pratique des katas soit un excercice à part entière, elle ne peut être dissociée de son interprétation qui est le bunkai. Le bunkai est l'application pratique et l'interprétation d'une technique de combat dérivée de l'étude du kata. Pour progresser dans l'exécution des katas, la simple répétition du kata est indispensable mais pas suffisante.
Il faut d'abord comprendre le sens de chaque mouvement. En exécutant un kata, le karatéka doit s'imaginer entouré d'adversaires et être prêt à effectuer des techniques défensives et offensives dans toutes les directions, il doit faire sentir la présence de ses adversaires. Pour cela vous devez les imaginer, et presque les voir réellement, ce que seule une pratique assidue et la connaissance approfondie du bunkaï peut permettre.

Les kihon.

entrainement

 

 Les kihon sont des exercices de répétition de mouvement effectués seul. Ils concernent aussi bien les techniques défensives, d'attaque ou de contre-attaques. Les kihon permettent aux débutants d'apprendre les bons gestes, et aux plus aguerris de perfectionner leur technique de combat en la rendant plus efficace, plus puissante.

L'entraînement est progressif, il se fait d'abord lentement et avec une concentration maximale pour bien assimiler les déplacements et les différents mouvements de frappe ou de blocage. On peut alors augmenter la vitesse des enchainements, tout en se concentrant et en cherchant à améliorer constamment le mouvement tout en souplesse, de la façon la plus simple possible et sans mouvements inutiles.

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