Vous trouverez dans cette section des informations concernant les grades et les dan du karaté. Avoir un grade, quel qu'il soit, n'est pas un but en soi. Un grade se mérite, et on l'obtient à force de travail et de persévérance. Etre ceinture noire par exemple, signifie que l'on est arrivé au premier stade de la philosophie du Budo (ce sont les arts martiaux japonais apparus entre le milieu du XIXème siècle et le milieu du XXème siècle) et que l'on est apte à continuer l'étude des techniques avancées et de leurs subtilités.

 

La tenue pour l'entraînement ou pour le combat est le karatégi, constitué d'une veste et d'un pantalon de coton blanc. L'uniformisation s'est faite dans les années 30.
Les ceintures varient selon les styles de karaté. A l'origine, au Japon, les pratiquants portaient un kimono blanc, similaire à leur habit de travail, ainsi qu'une ceinture blanche pour fermer la veste. La ceinture blanche devenant marron puis noire au fur et à mesure de l'entraînement, la ceinture noire fut considérée comme l'ultime étape à atteindre.
Même si, à l'origine, le karaté ainsi que les autres arts martiaux n'utilisaient la ceinture que pour tenir le pantalon, il devint vite courant de différencier le pratiquant initié (et non « accompli ») du débutant en portant une ceinture noire (initié) ou blanche (débutant).
Par la suite, la ceinture marron apparut. Elle désignait l'élève sur le point d'obtenir la ceinture noire. De nos jours, une classification large et variée existe et varie en fonction des styles et des écoles.

ceintures de couleurs

Il y a 9 niveaux à gravir jusqu'à la ceinture noire, ils sont appelés kyu ( 級, rang). Ils se comptent à rebours et vont de neuf à un. Ces niveaux sont à la discrétion du sensei et/ou de la fédération qui enseigne dans le dojo et peuvent être encore subdivisés en sous-grades généralement représentés par des barrettes noires ou de couleur apposées sur la ceinture. Ces barrettes sont parfois aussi utilisées sur la ceinture blanche (dans certains styles traditionnels) pour indiquer les kyu à défaut de changer de couleur.

Vient ensuite la (première ceinture noire) qui est en fait le 1er niveau (段, niveau ) : le karatéka a acquis les bases du style. Puis, les dan se succèdent en ordre croissant jusqu'au 10ème dan qui est le grade le plus élevé et bien souvent réservé au Soke (ou directeur du style, le fondateur ou son héritier). Les passages de grade se font dans le club jusqu'au 1er kyu (ceinture marron) mais, en France, les dan se passent devant la fédération dont on dépend et devant jury (suivant un programme en général délimité collégialement).

 

 

 

Critères d'obtention du 1er dan.

Il y a tout d'abord un tronc commun à tout candidat.

 

Kihon.

Le candidat est interrogé sur tout le programme technique de sa discipline. Le jury emploiera la terminologie officielle et il peut interroger   les candidats sur quelques spécificités techniques de leur style. Le kihon comporte :

  • Des coups de poing, des coups de pied, des blocages et différentes techniques de percussion des membres supérieurs et inférieurs.
  • Différentes positions de base.
  • Différentes formes de déplacement.
  • Différentes techniques de défense.
  • Quelques enchaînements simples (ne comportant pas plus de 4 techniques).

Les candidats sont évalués d'après les critères suivants :

  • Puissance et vitesse d'exécution.
  • Aisance des déplacements.
  • Équilibre et stabilité.
  • Bonne attitude corporelle.
  • Détermination.

 

Kata.

Le candidat doit présenter un kata libre choisi parmi la liste officielle et le jury lui imposera un autre kata tiré au sort.

Liste des katas :

  • Les 5 Heians et Tekki Shodan. Précédemment, les katas Bassaï Daï et Kanku Daï étaient inclus.

 

Kumité.

 

Kihon Ippon Kumite.


Les candidats devront effectuer cinq attaques (à droite et à gauche) et les défenses correspondantes. Les candidats inversent les rôles lorsque l'un d'eux à terminé ses attaques. Oi zuki jodan, Oi zuki chudan, Mae geri chudan, Mawashi geri jodan ou chudan,Yoko geri, Kékomi chudan.
Les candidats devront effectuer à tour de rôle un assaut fondamental basé sur une attaque contrée par une seule défense et/ou contre attaque. Les critères de notation pour cette exercice :

  • Bonne distance dans les attaques et les défenses, elles doivent "porter" et ne pas arriver à 10 ou 15 cm du point visé. (Le contrôle impose une retenue dans la technique et non pas une technique qui arrive en fin de course.).
  • Stabilité et équilibre aussi bien dans l'attaque que dans la défense.
  • Puissance et détermination des attaques et défenses.
  • Variété dans les défenses qui seront constituées de blocages et contre-attaques (Go no Sen), esquive et contre attaque, contres directs (Sen no Sen), etc..
  • Maîtrise et précision de la contre attaque.
  • Kime (esprit de décision, précision et efficacité extrêmes).
  • Zanshin (disponibilité mentale et concentration).
  • L'attitude générale des pratiquants durant l'exercice qui doit refléter l'esprit dans lequel se pratique le Karaté-Do ou le karaté jutsu et le Kumité en particulier.

Après le tronc commun, tout candidat doit choisir une partie spécifique.

 

Partie spécifique.

Le candidat peut choisir la voie compétition ou la voie traditionnelle. En choisissant la voie compétition, il devra gagner un nombre minimum de combats. En choisissant la voie traditionnelle, il devra démontrer des applications des katas. Il sera également évalué sur du Jyu Ippon Kumité et du Jyu Kumité.


En japonais, les grades portent des noms : 1er dan : shodan, 2ème dan : nidan, 3ème dan : sandan, 4ème dan : yondan, 5ème dan : godan, 6ème dan : rokudan, 7ème dan : shichidan, 8ème dan : hachidan, 9ème dan : kyudan, 10ème dan : judan.

kyu

La succession de couleurs est généralement : blanc, jaune, orange, vert, bleu et enfin marron. Le marron correspondant au 1er kyu et le blanc au 9ème ou parfois directement au 6ème kyu. Les ceintures bicolores (blanc et jaune, jaune et orange, etc.) sont parfois utilisées comme ceintures intermédiaires.
Originellement le système de grades s'inscrivait dans l'approfondissement d'un art qui se confondait avec la vie d'une personne. Il constituait en quelque sorte un repère dans l'itinéraire de la vie. Lorsque la notion moderne du budo est apparue, il y a environ un siècle, avec la fondation du judo, c'est dans cet esprit que le système des "dan" a été adopté.
Les trois éléments qui, dans la pratique d'un art martial traditionnel, amènent l'efficacité sont ceux qui proviennent du mental (Shin), de la technique (Gi), et des qualités physiques (Tai). Il s'agit de trois aspects qui forment un tout, et on ne peut toucher à l'un sans toucher aux autres. Leur intégration est la manifestation de la maîtrise du karaté-do.

On estime généralement que 5 années de pratique assidue permettent d'obtenir la ceinture noire (1er dan). Ce niveau indique que le karatéka a atteint au niveau technique les compétences de base.
10 ans d'études permettent d'avoir de bonnes bases techniques générales. C'est seulement après ce niveau que l'on devrait commencer à enseigner, car il est très important que le professeur montre correctement les techniques de bases assimilées au cours de ces dix années.
Au bout de 15 ans de pratique, outre un corps parfaitement formé et une bonne condition physique, la pratique devra permettre une application automatique de la technique, non pas de façon mécanique mais en permettant de développer l'esprit. Le réflexe blocage/contre-attaque devra être instinctif.

A l'Espérance karaté Mulhouse 1893, deux passages de grades sont organisés chaque saison : le premier au mois de décembre, et le second en fin de saison, c'est à dire au mois de juin. Ils ne concernent évidemment que les passages de kyu.

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