Le travail des formes

Les katas constituent, au sein d'un style donné, qui pour notre club est le style shotokan, les modèles auxquels on se réfère. Comme tout modèle, leurs formes et leurs contenus sont immuables, et le but logique de toute pratique, du moins jusqu'à un certain niveau de compréhension et de sensations, devrait être de se rapprocher le plus possible de cette forme idéalisée.

Il est donc normal que les katas ne soit pas soumis constamment a des fluctuations techniques, si minimes soient-elles, entre autres par respect envers les pères fondateurs du karaté. Les katas, par une pratique régulière, nous révèlent toutes les richesses du karaté do, et doivent nous permettre de gravir progressivement les marches (dan) de la connaissance.

La pratique des katas

BesartaKataLes katas ont été le support de la transmission du karaté do à travers les siècles. La forme ancienne de pratique des arts martiaux à mains nues était les katas et bien souvent seulement les katas.

On a trop souvent voulu voir dans ces derniers un enchaînement de défense et d'attaque contre plusieurs adversaires, mais il représente bien plus souvent des séquences de combat mis bout à bout, que les maîtres des temps anciens ont élaborées pour transmettre les techniques de combat particulier ou adaptées à des situations particulières : combat de près, sur sol accidenté, contre bâton, contre plusieurs adversaires.

Chaque kata contient donc un message particulier. la lecture et la compréhension d'un kata passent par la pratique, la répétition inlassable de la forme telle qu'elle a été transmise par les fondateurs du style pratiqué.

 Le message des katas est multiple :

- la recherche de la perfection technique qui doit déboucher sur l'efficacité.
- l'attitude mentale, trop souvent appelé concentration, et qui se définit en karaté par Zanshin (disponibilité mentale) et Kime (esprit de décision).
- le rythme avec des temps forts et des temps faibles suivant l'architecture du kata ; la respiration, toujours abdominale, parfois lente et profonde, parfois courte, sèche et rapide, souvent inaudible, quelquefois sonore.

Les katas ne sont pas simplement un exercice de style, ils sont l'héritage que nous ont légué les grands maîtres. Comment pourrait-on définir un kata : un exercice de style, un enchaînement pour le combat, un exercice de concentration, une gymnastique musculaire ou respiratoire, un travail sur l'énergie ? Chaque définition est correcte mais incomplete. Un kata est un tout indissociable, dont chaque technique, chaque direction, chaque temps d'arrêt, chaque respiration, chaque "kiai" a son importance.

Un kata de karaté se présente comme une suite de mouvements toujours exécutés de la même façon et dans les mêmes directions, ils sont destinés à transmettre les principes originels des différents budos. Les katas sont des exercices codifiés, où on trouvera de 20 à 60 mouvements ou techniques. Selon le degré de difficulté du kata, le karatéka effectue des techniques qui simulent un combat établi selon un cheminement précis contre plusieurs adversaires. Bien sûr, ils sont imaginaires, mais chaque mouvement, chaque technique doit être exécutée avec l'état d'esprit d'un combat réel. Les katas formaient jusqu'à la dernière guerre, avec les assauts conventionnels, la seule forme d'enseignement du karaté, ils contiennent toutes les techniques transmises par les maîtres et en y consacrant du temps, le karatéka peut y découvrir une importante source de progression.

Il existerait, d'après certains auteurs, 24 katas, que l'on pourrait qualifier d'antiques, qui seraient antérieurs au XIXe siècle sans que l'on sache exactement, sauf pour certains, leur donner une origine très précise.

La connaissance d'un kata ne peut être dissociée de la pratique. Il est nécessaire de répéter inlassablement les enchaînements techniques qui le composent en respectant le moindre détail, le diagramme (Enbusen) et tout ce qui le caractérise, pour pouvoir pénétrer son essence, sa vérité profonde.

Un des buts du kata est de faire se rejoindre efficacité et pureté technique, aussi le respect scrupuleux de la forme du kata est-il un critère indissociable de sa réussite.

 

Le style Shotokan

Le style Shotokan est celui fondé par Funakoshi Gichin (voir à ce sujet la biographie de Funakoshi). Celui-ci n'enseignait que 16 katas : les 5 Heian, 3 Tekki, Kanku, Bassai, Jion, Jite, Enpi, Gankaku et Hangetsu. Le Shotokan se caractérise par des techniques puissantes alliées à des postures stables, exécutées avec force, vitesse et précision, ainsi qu'une technique plus dépouillée que dans la plupart des autres styles. C'est l'héritage de Yoshitaka Funakoshi, fils du fondateur, qui a voulu réduire le karaté à sa plus simple et plus efficace expression : un karaté physique ou toutes les fioritures étaient exclues. Cette approche se retrouve dans les katas shotokan.

le rythme et la respiration sont indissociables : à mouvement lent correspond une respiration lente, et inversement la vitesse gestuelle demande une respiration rapide, avec des temps d'inspiration et d'expiration brefs, et des temps d'apnée ponctuels lorsque l'efficacité doit être maximale. L'efficacité et la perfection technique ne peuvent exister si la respiration et le mouvement ne sont pas correctement synchronisés.

 

Rituel pour la présentation des katas shotokan

Toute la présentation d'un kata procède d'un rituel, et ce, quel que soit le style pratique. Pour le style shotokan, après s'être avancé jusqu'au point de départ du kata, en se positionnant de telle sorte que l'exécution des techniques et enchaînements dans les différentes directions puissent se faire sans gêne, prendre une attitude Shizentai. Shizentai définit une attitude corporelle naturelle, mais aussi une attitude mentale.

 

rituel kata

1 - Prendre la position Musubi dachi, pointe des pieds écartés, talons en contact.
2 - Ritsu rei : salut debout
3 - Annoncer le kata, puis prendre la position qui est en général Hachi ji dachi, ou Heisoku dachi.

Départ en Hachi ji dachi :

4 - 5. Ecarter d'abord le pied gauche.
6 - Ecarter ensuite le pied droit en croisant légèrement les bras devant le corps. A la fin du kata, revenir en Hachi ji dachi, ensuite ramener d'abord à moitié le pied droit puis le pied gauche de façon a se retrouver en Musubi dachi.

Départ en Heisoku dachi :

4 - Prendre immédiatement la position Heisoku dachi en joignant les deux pointes des pieds. Saluer pour la fin du kata. Au retour, passer tout de suite de la position Heisoku dachi à Musubi dachi en écartant simplement les pointes des pieds et en ramenant les mains sur les côtés des cuisses.

Tout ce cérémonial se fait sans précipitation. Il fait partie intégrante du kata et devrait être respecté même lorsque l'on pratique seul et quel que soit l'endroit. Il permet au corps et à l'esprit de se mettre en harmonie avec l'environnement. Actuellement, trop de pratiquants négligent l'aspect mental de la pratique des katas et les vident de leur substance.pour un oeil exercé, le niveau d'un pratiquant est clairement exprimé dès la prise de position Hachi ji dachi.

Ne sont présentés ci-dessous que les katas nécessaires à l'obtention de la ceinture noire (1er dan). 

Heian Shodan

Premier niveau.



C'est le plus simple des cinq katas. Il a servi de moule à la création des Taikyoku. il est basé sur deux positions : Zen kutsu et Ko kutsu qui sont les positions fondamentales du karaté.

Trois techniques de défense : Gedan barai, Jodan age uke et Shuto uke. Deux techniques de frappe : Oi zuki chudan et Tetsui uchi utilisé avec un dégagement sur saisie. On croit savoir que dans l'ancienne progression, et malgré sa simplicité, il était placé en deuxième position après Nidan.
Une des premières formes de kumite traditionnel : Sanbon kumite a pris pour base les trois attaques ou trois blocages que l'on effectue sur la ligne centrale. Il existe une spécificité directement visible à ce kata, c'est que les techniques et les déplacements qui les accompagnent, s'enchaînent par deux et chaque enchaînement est marqué par un très léger temps d'arrêt. Ce kata s'éxécute en 40 à 45 secondes.

 

Diagramme (enbusen)

 

Heian shodan1

 

Heian shodan4

Présentation : Musubi dachi : Rei (3 secondes), Hachi ji dachi : Yoi (3 secondes).
1ère séquence : Gedan barai, Oi zuki : 1 seconde de pause (figures 3, 4).

Heian shodan2

2ème séquence : Gedan barai droit à 180°, dégagement Tetsui uchi, Chudan oi zuki gauche :
1 seconde de pause (figures 5, 6, 7, 8, 9).

Heian shodan3bisHeian shodan53e séquence : Gedan barai à 90°, Jodan age uke main ouverte et Jodan age uke en avançant :
1/2 seconde de pause (figure 10, 11, 12, 13).

4ème séquence : Jodan age uke, Jodan age uke avec Kiai : 2 secondes de pause (figures 14, 15).

Heian shodan7
5ème séquence : Gedan barai à 90°, Oi zuki : 1 seconde pause (figures 16, 17, 18).

Heian shodan8

6ème séquence : Gedan barai à 180°, Oi zuki : 1 seconde de pause (figures 19, 20, 21).

Heian shodan9Heian shodan10

7ème séquence : Gedan barai à 90°, Oi zuki : 1/2 seconde depause (figures 22, 23, 24).

Heian shodan11

8ème séquence : Oi zuki, Oi zuki avec Kiai : 2 seconde de pause (figures 25, 25bis).

Heian shodan12

9ème séquence : Shuto uke à 90°, Shuto uke en oblique : 1 seconde de pause (figures 27, 28, 29, 30).

Heian shodan13

10ème séquence : Shuto uke à 135°, Shuto uke en oblique : 2 secondes de pause (figures 31, 32, 33, 34).

Heian shodan14


Retour en Hachi ji dachi (figure 35) et retour en Musubi dachi : Rei (figure 36). Retour au sommaire des katas.

 

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